
Souvenir de Shen Zhen
Je suis à Shenzhen, et j’ai un souvenir pour toi : mes pieds.
Toute la journée, ces pieds ont parcouru cette ville. Trottoirs brûlants, centres commerciaux luisants, stations de métro bondées, longues heures humides dans mes sandales. Chaque pas que j’ai fait, chaque coin où j’ai tourné, tout est encore ici, sur les plantes de mes pieds, entre mes orteils, à t’attendre.
Tu ne viendras jamais à Shenzhen, loser. Tu ne marcheras jamais là où j’ai marché aujourd’hui. Mais en ce moment même, je te laisse l’explorer de la seule façon qu’un homme comme toi pourrait jamais le faire : à genoux, à travers mes pieds. Embrasse chaque endroit que j’ai visité. Inspire toute la ville. Vénère chaque pas, lentement, un par un, jusqu’à ce que tu connaisses Shenzhen mieux que n’importe quel touriste ne la connaîtra jamais.
C’est ainsi que voyagent mes esclaves. Ici-bas, à mes pieds, là où ils appartiennent.
