
Coup de foudre floral
Le son est addictif. Un effritement sec, un soupir de défaite. Je tourne doucement le pied, sentant les pétales se froisser et le polystyrène éclater en fines particules qui s’éparpillent comme de la neige légère autour de mes chaussures. Les bords néon scintillent au rythme de mes mouvements, traçant des stries de couleur dans la destruction. Chaque pot s’effondre différemment — l’un avec un pop sourd, l’autre se fissurant en d’innombrables miettes blanches qui s’accrochent à mes semelles.
La scène se transforme en une tempête silencieuse de fragments. Les fleurs perdent leur forme, les pots leur fierté. Seules demeurent les empreintes profondes et nettes de mes semelles, imprimées dans le chaos comme des signatures muettes de contrôle. Quand je m’arrête, le sol ressemble à un champ de bataille de beauté et de ruine — brillant, chaotique, fascinant. Je lève lentement un pied, observant la poussière retomber au ralenti, et, l’espace d’un instant, on dirait que même le temps s’agenouille sous mon poids.
